Woke, nature versus culture

Nous vivons dans un monde où les mots deviennent nos ennemis. Il est de plus en plus complexe de décrire un fait, une réalité sans se faire invectiver, conspuer, insulter et bloquer par des militants de l’avant-garde éclairée du nouveau monde. Les « woke » nous surveillent. Après Big Brother, voici les « Wokes ». Pour ma part, je vous dirais une chose : réveillez-vous et faites face à la nature !

Récemment, nous avons pu lire et entendre que des militants « wokes » critiquaient et voulaient faire interdire des mots comme « femme », « homme », « fille », « garçon » ou encore « père » et « mère ». Ce serait une atteinte à la communauté LGTQ+. Je peux comprendre vos intentions, vos batailles et votre militantisme pour l’égalité des droits. Je comprends la lutte pour le libre choix. Mais peut-on seulement penser ces mots et leurs significations réelles ?

Nous naissons males ou femelles !

Dans un premier temps, j’aimerais rappeler aux gens que nous ne naissons pas asexué. La nature étant ce qu’elle est, nous naissons, comme tous les animaux, mâles ou femelles. Il peut paraître étranger de rappeler ce fait. Cependant, plusieurs personnes semblent oublier ou vouloir occulter cette réalité de la nature. Autant, nous oublions que nous sommes des animaux ; autant, nous oublions que le sexe n’est pas seulement une construction culturelle mais il est aussi un déterminisme indépendant de nous.

« On ne naît pas femme, on le devient. » (Simone de Beauvoir)

Cette phrase de Simone de Beauvoir est souvent citée, hurlée, portée comme un étendard pour expliquer et déclarer le déterminisme culturel dans la conception du sexe. Je vais donc faire apparaître une petite contradiction avec le paragraphe précédent.

Certes, nous naissons males ou femelles (garçons ou filles) ; mais il est vrai aussi que nous pouvons décider si nous voulons devenir une femme ou un homme. Je fais ici référence à la construction de l’identité personnelle. Dès lors, nous pouvons comprendre le désir de quelques personnes de vouloir devenir un homme, une femme ou de ne pas se faire genrée. Nous avons donc ici deux notions différentes : le sexe (que je dirais naturel) et le genre (notion plus culturelle). Rappelons cependant que cette phrase de Simone de Beauvoir avait pour mission de dénoncer les agissements des hommes envers les femmes dans une société patriarcale et injuste. Les femmes étaient alors considérées comme « appartenant » aux hommes. Il s’agissait d’un propos féministe et politique.

Woke ou not woke, deviens toi-même

Face à ce débat sur l’utilisation des mots, je pense que nous devons regarder la réalité de face. Nous sommes soit une fille ou un garçon à la naissance en fonction du volet morphologique, soit un déterminisme de la nature, au même titre que la majorité des animaux. Le corps donné à la naissance définit ce que nous sommes au départ.

Néanmoins, nous avons le choix, arrivé à l’âge de raison, d’accepter ce sexe donné ou non. Nous avons également le choix de refuser et de changer de sexe si nous nous sentons plus femme ou plus homme, voir autre chose. Il incombe aux individus de choisir pour eux-mêmes. Devenir soi, c’est là la tâche de chacun individuellement. Alors, arrêtons de jouer et de vouloir décider de retirer des mots sous des prétextes pseudos-vertueux. Woke or not woke, devenez chacun ce que vous voulez et ce, peu importe les mots ou les dires de quelques-uns !

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Auteur : Raphaël Fievez
Originaire de Belgique et habitant au Québec depuis 2011. Auteur de plusieurs livres dont ''De la société multiculturelle. Au-delà des discours, une réalité'' (2016) ou encore ''Démocratie. Penser la démocratie de demain''(2017). Travailleur social de formation en Belgique œuvrant depuis plusieurs années et ayant de l'expérience auprès de différentes clientèles au Québec. Raphaël Fiévez a contribué à plusieurs médias via des articles d'opinions, il s'intéresse à l'actualité, la politique et l'éthique. Étudiant au certificat en Philosophie de l'Université Laval à Québec.