Transparence et politique, est-ce possible ?

Être dans le milieu politique n’est pas de tout repos. Même si quelques-uns en doutent fortement. Si vous voulez effectuer votre mandat avec intégrité, efficacité et minutie, vous devrez alors faire des heures de travail.

Les jours, les soirées et parfois vos nuits seront surchargées. En ce contexte de pandémie, il faut avouer qu’il ne fait pas bon train d’être député ou ministre. Beaucoup d’inconnues existent et les décisions prises ne font aucunement unanimité.

Néanmoins, j’aimerais questionner le principe de transparence au regard du monde politique. Peut-on faire preuve de transparence en politique ? Est-il souhaitable de l’être ? Ou, au contraire, il est préférable de le paraître sans l’être ?

Pour se faire, j’aimerais prendre l’exemple de la conférence de presse du Ministre de l’éducation, Jean-François Roberge, donnée en date du 8 janvier 2021. Cette conférence de presse avait pour mission de répondre aux questionnements de la population sur les aérosols et les ventilations dans les écoles du Québec.

Soyons clairs, il s’agissait aussi d’apaiser quelques demandes incessantes des oppositions politiques également. Crise ou pas crise, le jeu politique demeure.

Lors de cette conférence, pour faire court, le ministre a rassuré le bon petit peuple. Il s’est présenté devant les caméras et a énuméré de fond en large les tenants et aboutissants de cette étude, de cette recherche sur la ventilation des écoles. En résumé, tout va bien Madame la Marquise !

Ah oui ? Vraiment ?

Eh ben non…pas tant que cela.

À la question de savoir si le gouvernement peut faire preuve de transparences, nous pouvons y répondre affirmativement. Pour cela, une bonne dose de courage et enfin, quelques ajouts de bonne communication. Par habitude, j’ai pour devise que tout peut se dire mais il y faut mettre les couleurs, les agréments et la manière.

À la question de savoir s’il est souhaitable d’être transparent, je dirais que cela dépend de la volonté du dirigeant ou de la dirigeante de la province ou du pays.

En effet, si le but est d’être élu ou élue à nouveau alors la question est complexe. Les fonctions demandent parfois de taire certaines informations afin de garder la population dans les bonnes grâces afin de se faire élire à nouveau. Nos politiciens de carrière s’y connaissent fortement à ce jeu.

Cependant, si nous voulons l’adhésion à la force politique alors il m’apparaît important de faire preuve de transparence en déclarant très clairement parfois notre incompétence, notre force et notre faiblesse ou encore notre incertitude face à telle ou telle situation. Est-ce gagnant politiquement en termes électoral ? Non, pour sûr.

Il en revient alors à la question centrale de savoir si nous pouvons faire de la politique tout en montrant patte blanche, en informant adéquatement et honnêtement la population et en suggérant des actions, des décisions tout en remettant en jeu sa politique et son statut.

Il est loin le temps du Général De Gaulle remettant son destin politique aux mains du peuple. Aujourd’hui, digne d’une observation et d’une analyse machiavélienne, il est clair que les politiciens et politiciennes tentent de paraitre compétents, dignes de confiance, généreux et impitoyable, amis et ennemis à la fois.

Le plus bel exemple de ce double jeu se trouve très souvent en la personne du Président français, Emmanuel Macron, avec son discours et sa posture du « en même temps ».

Si nos politiciens et politiciennes pensaient moins aux résultats des sondages et des élections futures, j’ose croire qu’ils prendraient des décisions plus réfléchies et feraient preuve d’une plus grande transparence.

Si les élus se considéraient comme constamment redevables de leurs actions auprès du peuple, ils feraient certainement preuves de plus d’honnêteté intellectuelle.

Il n’est pas question de dire qu’ils font constamment preuves d’opacité mais la nébulosité est bien plus présente que la lumière au sein des décisions prises par nos chers responsables politiques.

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Auteur : Raphaël Fievez
Originaire de Belgique et habitant au Québec depuis 2011. Auteur de plusieurs livres dont ''De la société multiculturelle. Au-delà des discours, une réalité'' (2016) ou encore ''Démocratie. Penser la démocratie de demain''(2017). Travailleur social de formation en Belgique œuvrant depuis plusieurs années et ayant de l'expérience auprès de différentes clientèles au Québec. Raphaël Fiévez a contribué à plusieurs médias via des articles d'opinions, il s'intéresse à l'actualité, la politique et l'éthique. Étudiant au certificat en Philosophie de l'Université Laval à Québec.