Pierre Elliott ou, surpris que quelqu’un soit surpris

La nouvelle de cette semaine : notre ex-Premier ministre du Canada aurait tenté de nuire à la construction d’un Québec indépendant en faisant perdre des emplois. Ceci à surpris quelques personnes dans notre monde licornéen.

Les années 70

Pour ceux qui n’étaient pas nés, je peux le comprendre. Pour ceux qui y étaient, même jeunes, on aurait pu s’en douter. Pierre Elliott Trudeau n’a jamais caché son dédain pour l’indépendance du Québec et des Québécois en général. En 1968, il y aura la Saint-Jean-Baptiste, où notre P.E.T. national fera ses premières bravades qui, faut-il le dire, ne feront rien pour apaiser la foule. Puis, le Just watch de la crise d’octobre, quand il fera débarquer l’armée Canadian dans les rues. Ceci, exactement comme dans les pays dictatoriaux. Il faut dire, qu’une douzaine d’hommes avaient pris deux otages. Mais comme par hasard, une partie de l’intelligentsia reliée à l’indépendance du Québec, soit 497 personnes, se retrouveront derrière les barreaux, dont 483 sans accusations et surtout sans excuses par la suite.

Le dictateur

Puis, les exactions de certains corps policiers entre 72 et 76, feront que des agents de la GRC commenteront des actes criminels, contre des organismes liés à l’indépendance du Québec*. tout ceci, pour alimenter le climat de peur dans lequel le Canada nous a entretenu. Dès que le PQ prend le pouvoir, Pierre Eliott partira la machine anti-séparatisme. En cela, il applique les mêmes pensées que tous les dictateurs : mentir devient un outil, déstabiliser devient un moyen. Si d’aventure, les plus grosses compagnies avaient accepté le plan de ce premier ministre, le Québec serait devenu, à ce moment un pays du tiers-monde.

Le référendum de 1980

1980, le référendum. C’est tout comme dans un divorce, si tu pars, tu n’auras rien de moi, ce sera la guerre et en attendant, je vais te montrer comment je fonctionne. Alors commence la propagande : Vous allez perdre vos pensions, vous n’aurez plus le dollar, votre monnaie sera dévaluée, vous aurez une dette énorme et nous ne ferons pas affaire avec vous, etc… etc. Mais si vous restez, nous avons compris, nous ferons des changements et la vie redeviendra rose. Les négociations n’iront nulle part.

1981 : La nuit des longs couteaux

Puis lors d’une rencontre avec les provinces, pour le rapatriement de la constitution, il y aura cette nuit, ou Jean Chrétien ministre de la justice, réussi à convaincre les neuf premiers ministres de laisser tomber le Québec.

L’exode

Depuis, nous avons une constitution signée par neuf provinces anglophones. Des dizaines de sièges sociaux déménagés vers Toronto, Calgary, Vancouver. La perte graduelle de compagnies Québécoises aux mains d’étrangers. Je ne parlerai pas ici de 1995 ni des malversations s’y entourant. Le scandale des commandites en est l’exemple le plus frappant, que mentir pour les sbires de Pierre Elliott n’est qu’un détail insignifiant pour garder le pays dans la fédération. Comme l’a toujours dit Jean Chrétien : “Au diable les règles”.

Une Confédération

Si en 1867, les fameux pères de la confédération, avaient consenti à une véritable confédération et non à une fédération, nous aurions eu droit à notre langue par des lois incontestables. Fini les contestations en cour suprême du Canada, fini le morcellement de la loi 101 sur l’affichage, fini les débats sur le Bonjour/Hi ! et sur la langue des arrivants. Tout aurait été clair, il n’y aurait plus de chicanes de clocher entre l’état fédéral et l’état provincial. Les arrivants s’installant au Québec l’auraient choisi sans ambiguïté.

Mais au Québec, nous adorons les lents changements dans la continuité feutrée et peu dérangeante. Demain, les médias parleront d’autre chose et la vie passera, comme un long fleuve tranquille. Pierre Elliott peut dormir en paix, nous sommes de bons citoyens canadiens et notre petit Saint-Jean-Baptiste, porte toujours son petit mouton, qui ne deviendra jamais bélier.

*Rapport Keable
** Sunday Post, entrevue du 18 septembre 2014

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Auteur : Lansquenet
Après trente années dans la police, Claude Aubin est devenu auteur. Il a quatre livres à son actif : La Main gauche du Diable (Intouchables), La Nuit des désillusions et Rônin (Libre Édition Claude Aubin), Le lansquenet solitaire (Texte et Contexte). Il a également participé au dernier bouquin de Jules Falardeau (La crise d’Octobre, 50 ans après, Éditions du Journal Claude Aubin a joué aussi des petits rôles dans certains films, rédigé des chroniques dans le quotidien de l'époque Photo Police, le quotidien DixQuatre et maintenant il publie ses chroniques pour le groupe Facebook DERNIÈRE HEURE. Il a aussi coproduit quelques clips pour TVBL, la télévision des basses Laurentides. De plus, il a travaillé pour la chaîne Ztélé (infiltration).