L’histoire de la Nouvelle-France et le Canada pour les nuls

Mon grand-père l'indien
Mon grand-père l’Indien

J’ai lu comme plusieurs un article du journal de Montréal du 15 novembre 2020, sur une manifestation antiraciste devant les bureaux du ministre de l’éducation, proposant une nouvelle histoire de la Nouvelle-France. Le meneur, un certain Monsieur Jean Claude Aimé Komoyange voulait qu’on y amène un volet noir et esclavagiste des colonialistes ayant formé la Nouvelle-France et le Canada. Pauvre lui, on a peine à enseigner l’histoire du Canada, dans les cursus scolaires.

Selon les dires de Monsieur Komoyange, des noirs étaient déjà ici, il y a 400 à 500 ans. Bon, comme nous sommes arrivés ici en 1534, avec trois petits bateaux, il serait assez difficile d’y voir un colonialisme et esclavagisme établi.

Y avait-il un noir sur ces bateaux ? Était-il un esclave ? Est-il demeuré ici quand les équipages de Cartier sont retournés en France ?

Dans le discours confus de M. Komoyange, il semble que le fait de ne pas enseigner l’histoire de l’esclavagisme au Canada est associé à des instituteurs racistes et,  pour le prouver, il parle de son fils, qui à peur de prendre sa voiture ! Tant qu’à charrier, allons-y à fond.

Lui qui a envoyé son fils à Jean-De-Brébeuf, nous envoie en pleine face le fait que les blancs sont avantagés dans la vie. Sans péter un ballon, les collèges privés ne sont pas à la portée de tous. Il faut donc être parmi la tête de la parade. En ce sens, il a raison de dire que certains, ont 50 mètres d’avance à la ligne de départ.

Je veux bien et avec beaucoup de bonne volonté, chercher nos esclavagistes des années 1600 et 1700 dans ce pays de misère, où les paysans devaient leur terre à des Seigneurs et mouraient à moins de cinquante ans.

Quelques ecclésiastiques Français ont pu avoir quelques esclaves, où peut-être même quelques petits nobles. Mais, 99% du reste de la population ne fut pas logé à la même enseigne qu’eux.

Il faut se rappeler que beaucoup de ces colons étaient des prisonniers du roi, pour ne pas avoir payé la taxe royale, ou des gens cherchant une vie meilleure qu’en France, ce qui revient au même. Alors, posséder un esclave ?

Nos ancêtres, les colons, faisaient affaire avec les tribus Micmacs, Algonquines, Huronnes, Attikameks, Abénaquis et celles du nord. Ces Premières Nations furent nos alliés et les colons les respectaient. Ils furent à nos côtés jusqu’à la fin.

Les Anglais, les Iroquois et la conquête

Certaines tribus embrasseront la cause des Anglais en Amérique, malgré le fait qu’ils se soient fait durement étriller par eux, Ils viendront assister ceux-ci en 1760 lors de la conquête de la Nouvelle-France. Ils se battront encore une fois aux côtés de ceux-ci pendant les guerres avec les Américains.

L’esclavage

Pour ce qui est de l’esclavage, vers les années 1776-1780, les Loyalistes (les colons fidèlesau roi d’Angleterre ou loyaux), suivront les troupes anglaises,  emportant avec eux leurs esclaves. Ils s’installeront  entre le Québec, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse. Puis, il y aura les esclaves évadés des USA dans les années 1800. Il y a, je crois plusieurs  cimetières  à l’ouest du Québec et l’Est de L’Ontario.

Le colonialisme anglais des années 1800

Puis 1813, une petite guerre avec les voisins du Sud ou Michel de Salaberry, un assimilé proche d’un prince de la couronne anglaise, ira battre les Américains sur la rivière Chateauguay.

1820, nous avons droit au Haut et Bas-Canada. En fait, le Québec, épongera  une lourde dette de ses amis Anglais.

L’armée Anglaise écrasera la révolte de 1837, en canonnant une église et en y brûlant les quelques résistants. Puis en 1838, elle pendra les meneurs au Pied-du-Courant, boul. De Lorimier et Notre-Dame.

Et nous n’avions toujours pas d’esclaves !

Ce sont ces mêmes colonisateurs Anglais qui en 1849, brûleront le Parlement du Canada à Montréal, pour le déménager à Bytown (Ottawa) ceci, dans le but évident de reprendre le contrôle sur l’ex-colonie.

Et à la construction du Canada en 1867, les Premières Nations se retrouveront parquées dans des réserves, avec la loi fédérale sur les Indiens. Oui, la loi “fédérale” de MacDonald.

Ce sont ces mêmes Canadiens anglais qui amèneront des Asiatiques, pour y en faire mourir plus de 4,000, pendant la construction des chemins de fer. Les mêmes Canadiens qui pendront Riel et tueront des métis par centaines.

Le racisme pancanadien

Je ne parle même pas des conditions de détention des Canado-Japonais, Italiens, Allemands mis dans les camps pendant la guerre et le refus de recevoir plus de Juifs persécutés.

Ces mêmes Canadiens qui dans leurs lois sur l’immigration, considéreront comme “autre que blanc”, et ce, jusqu’en 1951, les Italiens, les Grecs et les Portugais.

L’esclavage et le racisme

Oui, il y aura eu peut-être quelques esclaves noirs. Mais nos Amérindiens avaient eux aussi leurs esclaves. Les prises de guerre servaient comme esclaves, bien avant l’arrivée des blancs. Et ici je ne parlerai pas de l’Afrique, le berceau de l’esclavagisme, car pour acheter des esclaves, il fallait y avoir des vendeurs. Ces vendeurs n’étaient pas des colonialistes blancs !

Monsieur Komoyange, si vous cherchez des racistes, apprenez notre histoire s’il-vous-plaît, ensuite, rendez-vous à Ottawa et faites changer les choses. Les jeunes ont déboulonné la statue de Macdonald. Allez faire un tour dans le vieux Montréal, vous y verrez “Place Jacques-Cartier”, là où trône la statue de l’amiral Nelson, celui qui aura battu les Français à Trafalgar. Marchez un peu, vous verrez la rue Gosford, et au centre-ville, la rue Wolfe, le vainqueur de Québec. Amherst général sans cœur, Gilford, déformation d’un nom Français.

La langue des années 60 à nos jours

Même tard dans les années soixante, on se faisait dire Speak White You Frog. Je ne parlerai pas des grosses “Madame” de chez Morgan et Eaton.

Et en 2012, un racisme ordinaire venant d’une jeune femme Jamaïcaine, que j’ai aidé et supporté dans l’adversité. Quand sur Facebook j’ai parlé de protéger ma langue sa réponse fut : Je ne savais pas que tu étais raciste ! Et les dizaines de propos haineux, de la part de ses amies qui juraient de ne jamais s’abaisser à parler la langue des blancs francophones racistes et de leur loi 101. Je tentai de leur faire comprendre que la Jamaïque parlait la langue des colonialistes Anglais. Puis, de guerre lasse, je couperai définitivement les ponts.

Pour l’histoire, en 2002, les premiers à faire la paix des braves et redonner une certaine dignité à un peuple ignoré, fut un parti terriblement nationaliste : le P.Q.

Aux donneurs de leçon

Personne n’a de leçon à donner. Le racisme ordinaire est universel et ce contre racisme actuel dans tout son mépris, l’est tout autant. Apprenez au moins la langue de cette majorité qui compose cette province.

Vous cherchez des racistes ?

Alors mes amis révisionnistes, vous et vos affiches en anglais, frappez donc les bonnes cibles. Et ne me dites pas que je suis raciste “en anglais”. Forcez-vous un peu et apprenez à le dire en français. Ça sera au  moins la chance pour vous, d’apprendre un tant soit peu, une nouvelle langue. Et si vous parlez le français, tout en nous écrivant vos insultes en anglais, ceci n’est pas de l’ignorance, mais du mépris et le mépris, peut sûrement être perçu comme du racisme !

Avez-vous aimé cette publication ?

Auteur : Lansquenet
Après trente années dans la police, Claude Aubin est devenu auteur. Il a quatre livres à son actif : La Main gauche du Diable (Intouchables), La Nuit des désillusions et Rônin (Libre Édition Claude Aubin), Le lansquenet solitaire (Texte et Contexte). Il a également participé au dernier bouquin de Jules Falardeau (La crise d’Octobre, 50 ans après, Éditions du Journal Claude Aubin a joué aussi des petits rôles dans certains films, rédigé des chroniques dans le quotidien de l'époque Photo Police, le quotidien DixQuatre et maintenant il publie ses chroniques et éditoriaux pour le groupe Facebook DERNIÈRE HEURE. Il a aussi coproduit quelques clips pour TVBL, la télévision des basses Laurentides. De plus, il a travaillé pour la chaîne Ztélé (infiltration).