Le passeport vaccinal, une belle mascarade

L’idée d’un passeport vaccinal est sur la table du gouvernement du Québec, selon les dires du Ministre de la Santé et des Services Sociaux, Christian Dubé. Pour résumer, les gens vaccinés pourraient avoir un passeport donnant  accès à des endroits publics : cinémas, théâtres, restaurants, piscines ou autres.

Vacciné, pas immunisé

Avoir été vacciné, c’est une chose mais cela ne vous permet pas d’être immunisé. Il n’existe pas actuellement d’études  prouvant l’immunisation. Sans compter la division des experts sur ce sujet. Quelques-uns parlent d’une protection pour une période de quelques mois ; d’autres envisagent une protection de plusieurs années. Dans La Presse du 12 janvier 2021, nous pouvons lire « même vacciné, il y a toujours un risque de contracter le virus, même s’il devient minime ».

Soyons clairs, le vaccin protège l’individu vacciné mais il n’empêche pas de transmettre ou recevoir le virus. Concrètement, si vous avez eu le vaccin, vous pouvez avoir le virus mais vous aurez des effets moindres. Une excellente chose à savoir. Si vous écoutez la radio, encore ce vendredi 26 février 2021, à la station 98.5 FM, le Dr Karl Weiss a signalé « le vaccin ne donne pas l’immunité » (ce dernier étant cependant pour le passeport afin de motiver les personnes à se faire vacciner).

Concrètement, si vous avez été vacciné, que vous êtes contaminés par le virus alors vous pouvez le donner à vos proches. Dès lors, pourquoi un passeport vaccinal si vous pouvez quand même transmettre le virus ?

Pas obligatoire mais obligé

Lors des questions des journalistes en conférences de presse, la question de l’obligation de la vaccination fut posée. La réponse était alors négative. Néanmoins, aujourd’hui, le gouvernement évalue l’idée du passeport vaccinal.

Le vaccin n’est peut-être pas obligatoire, factuellement, mais il serait une obligation déviée. À défaut d’une obligation légale, il y aurait une forme d’obligation psychologique et sociale.

Une mascarade politique 

Revenons alors à la question centrale : pourquoi un « passeport vaccinal » si les gens peuvent continuer de contracter et transmettre le virus ? Nous pourrions avoir des réponses contre et pour ce passeport. Entendons-nous bien que je parle ici du « passeport vaccinal » et non, du vaccin.

Si le passeport ne permet pas d’empêcher la transmission du virus, nous pouvons penser qu’il s’agit peut-être de répandre un semblant de sentiment de sécurité auprès de la population ?

Il s’agirait d’un moyen politique pour faire miroiter et croire à une forme d’immunité ?

Après tout, si vous écoutez les conférences de presse, le gouvernement ne dit jamais clairement que le vaccin empêchera la transmission du virus. Ce qui n’est pas dit, n’est pas un mensonge !

Pouvons-nous penser qu’il s’agit purement d’un acte politique et d’une mascarade afin de paraître comme compétent et soucieux du peuple ? Après tout, il est primordial de faire oublier les centaines décès, dans des conditions atroces, parvenus dans nos institutions publiques (CHSLD, résidences intermédiaires, résidences pour personnes âgées).

Soyons clairs, je doute sérieusement de ce passeport vaccinal. Je ne pense pas qu’il soit la solution face à la pandémie que nous traversons depuis des mois. Si les diverses restrictions sont basées sur des faits de santé ; soyons clairs que nous sommes ici devant une pure stratégie politique.

Ce passeport soulève d’ailleurs divers questionnements au niveau éthique et politique. Pour cela, il nous suffit de regarder la position des Allemands ou encore de la France face à cette idée.

En conclusion, avant d’acquiescer aveuglément et comme un bon troupeau de mouton, nous devons réfléchir collectivement à cette mesure potentielle. Le gouvernement, fort de sa position depuis des mois, ne doit pas prendre cette décision sans un réel débat public.

 

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Auteur : Raphaël Fievez
Originaire de Belgique et habitant au Québec depuis 2011. Auteur de plusieurs livres dont ''De la société multiculturelle. Au-delà des discours, une réalité'' (2016) ou encore ''Démocratie. Penser la démocratie de demain''(2017). Travailleur social de formation en Belgique œuvrant depuis plusieurs années et ayant de l'expérience auprès de différentes clientèles au Québec. Raphaël Fiévez a contribué à plusieurs médias via des articles d'opinions, il s'intéresse à l'actualité, la politique et l'éthique. Étudiant au certificat en Philosophie de l'Université Laval à Québec.