L’affaire Will Prosper

Qui est l’homme

Étudiant à Concordia en philosophie, Will Prosper devient policier à la GRC. Il était un ami des membres de gang. Et même dans l’ouest du pays, il a enquêté au CRPQ par curiosité dit-il, ses amis de longue date. Mais ça n’a pas passé avec ses employeurs.

Une façon honorable de partir

Il eut donc le choix de partir ou être mis tout simplement à la porte. C’est une méthode régulièrement appliquée par les grands corps policiers au Canada. Rien de surprenant : ils ont une image à conserver et il arrive souvent que la menace d’une crise possible fasse que des individus partent sans être inquiétés. J’ai une banque de noms en tête. Mais bon, il n’y a pas que dans la police que ça arrive.

L’homme qui veut réduire les budgets de la police,
Will Prosper, qui crache son venin sur la police depuis des années, s’est fait connaître par des entrevues incendiaires où il demande de diminuer les sommes allant à la police pour, quelle surprise, augmenter les travailleurs de rues, ce qu’il est devenu.

J’imagine que ses cours universitaires en philosophie l’ont formé au travail dans la rue. L’homme oeuvre depuis un certain temps à concocter un documentaire sur l’affaire Villanueva. Je me souviens d’une bande d’énervés que j’ai rencontré avec le professeur en criminologie André Normandeau, suite à la mort du jeune homme. Nous étions l’ennemi et avions tous les torts. Je ne fis qu’une remarque : Pourquoi à cette table de concertation, il n’y avait aucun latino ?

Se faire connaître

Oui, des gens et des groupes tentent à tout prix de se faire voir mais possiblement pour les mauvaises raisons. La cause est un moteur, une courroie de transmission, un moyen d’être vu et interviewé. C’est le cas de tous ces groupes qui se foutent bien de la mort d’un Noir aux États-Unis car les gangs en tuent dix par semaines et se font du capital politique si c’est un flic qui tue quelqu’un.

Une mentalité à changer

J’ai demandé à un groupe de jeunes de Montréal-Nord, s’ils avaient déjà participé à une manifestation contre les gangs de rues. Ils ont trouvé l’idée totalement insensée, comme si c’était pour eux une sélection naturelle. Alors, comment y comprendre quelque chose ?

Des fantômes dans le placard

Cette fois, Will… En se présentant en politique, n’a pas pensé que les journalistes iraient fouiller comme des fouilles-merde qu’ils sont, dans les coins moins glorieux de sa carrière. Se vanter d’avoir été flic dans le passé est venu maintenant le hanter.

Cher Will, quand on vit dans une maison de verre, on ne lance pas de pierres.

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Auteur : Lansquenet
Après trente années dans la police, Claude Aubin est devenu auteur. Il a quatre livres à son actif : La Main gauche du Diable (Intouchables), La Nuit des désillusions et Rônin (Libre Édition Claude Aubin), Le lansquenet solitaire (Texte et Contexte). Il a également participé au dernier bouquin de Jules Falardeau (La crise d’Octobre, 50 ans après, Éditions du Journal Claude Aubin a joué aussi des petits rôles dans certains films, rédigé des chroniques dans le quotidien de l'époque Photo Police, le quotidien DixQuatre et maintenant il publie ses chroniques pour le groupe Facebook DERNIÈRE HEURE. Il a aussi coproduit quelques clips pour TVBL, la télévision des basses Laurentides. De plus, il a travaillé pour la chaîne Ztélé (infiltration).