La police que l’on mérite

Depuis plusieurs mois, une partie de la population aimerait que les services de police soient de moins en moins présents. Plusieurs seraient d’accord pour les désarmer. Selon ces gens, il semblerait que nos services de police soient trop envahissants, qu’ils profilent trop, qu’ils ont une approche trop axée sur la répression et donc, nuisibles. Pour eux, ils devraient être remplacés par des travailleurs sociaux, plus flexibles, plus compréhensifs, moins répressifs, moins invasifs. Donc, des parents d’aujourd’hui.

Pourquoi s’investir ?

Dans certains quartiers de Montréal, depuis ces dernières années et suite aux bavures américaine, nous avons assisté à une montée de boucliers anti-flics sans précédent.

Il est de bon ton de cracher sur des individus ayant le mandat de protéger l’entièreté de la population. Ce n’est pas anodin car il y a ici un jeu de pouvoir. Plus une partie de la population fait reculer ceux qui les embêtent et plus ils prennent de l’importance.

Mais voilà, tout cela a un prix. Pourquoi des agents risqueraient de perdre leur travail pour un geste vu comme étant : du profilage, de l’agressivité, de l’impolitesse, du manque d’empathie, de mauvais jugement et j’en passe ? Mieux vaut ne rien tenter alors.

Si la population veut des flics décoratifs, alors ils le seront. Fini le temps du » pif « . Oui, ce flair qui fait la différence entre un bon policier et un bibelot.

Une situation qui peut tourner au vinaigre

Lors des fins de semaines précédentes, dans les quatre coins de la ville, de plus en plus de citoyens se sont tirés dessus, bagarrés ou poignardés. Quelques débordements ont été signalés.

Dans le vieux Montréal, les commerçants sont en colère car la police n’a pas agi assez rapidement. Il y a quelques années, des marchands trouvaient que cette même police agissait trop rapidement. Nous avons le même phénomène dans le Nord-Est de la ville. Les forces de l’ordre se font moins insistants, moins présentes. Alors les élus se plaignent du manque de protection et de  présence.

Nos policiers ne sont pas au-dessus des lois mais dans certaines occasions, ils doivent faire ce qu’un citoyen normal ne pourrait faire sans être sanctionnés.

On ne demande pas à un citoyen de prendre des décisions concernant parfois la vie d’un individu. On ne demande pas à un citoyen de se mêler à une bagarre et de faire une arrestation. On ne demande pas à un citoyen de prendre des risques en se rendant à un appel urgent.

Mais, avec tous ces téléphones cellulaires qui filment le moindre des faits et gestes des policiers en action, vaut mieux alors ne pas intervenir et ne pas être blâmé.

Faire face à la musique

Il y a quelques années, les caméras du poste de police avaient servi de preuve contre un policer qui venait d’assener un coup-de-poing à un motard. Le gars venait de lui dire : en sortant, je vais aller f****r ta femme. Ce valeureux motard s’était plaint d’avoir été frappé et le policier fut suspendu. À mon époque, le motard aurait simplement fermé sa grande gueule, en se disant : » je l’ai un peu mérité « .

Ceux qui diront que le policier aurait dû ne pas s’offusquer, je leur dirai ceci : le respect se mérite. Ce n’est pas en faisant semblant de ne pas avoir entendu qu’il se gagne. Il y avait un vieux diction : si tu cherches le trouble, il est possible que tu le trouves.

Faire un choix

Si vous préférez une police qui ne dérange pas, qui suit les règles et est à cheval sur les principes, une police qui ne veut pas envenimer une situation, allez chercher des mannequins et déguisez-les.

La police peut déranger mais je trouve préférable ce dérangement à celui des tireurs dans la foule, des vendeurs de drogue et des proxénètes.

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Auteur : Lansquenet
Après trente années dans la police, Claude Aubin est devenu auteur. Il a quatre livres à son actif : La Main gauche du Diable (Intouchables), La Nuit des désillusions et Rônin (Libre Édition Claude Aubin), Le lansquenet solitaire (Texte et Contexte). Il a également participé au dernier bouquin de Jules Falardeau (La crise d’Octobre, 50 ans après, Éditions du Journal Claude Aubin a joué aussi des petits rôles dans certains films, rédigé des chroniques dans le quotidien de l'époque Photo Police, le quotidien DixQuatre et maintenant il publie ses chroniques pour le groupe Facebook DERNIÈRE HEURE. Il a aussi coproduit quelques clips pour TVBL, la télévision des basses Laurentides. De plus, il a travaillé pour la chaîne Ztélé (infiltration).