Hommes, ça suffit, montrez la réelle force !

La situation est critique au Québec, comme ailleurs aussi, concernant la violence faite aux femmes. Nous entendons de plus en plus de cas de féminicides, de drames familiaux et d’actes horribles. C’est inacceptable, et nous avons tous une responsabilité à jouer.

D’habitude, j’essaie de penser et intellectualiser les situations du réel. Le contexte, les situations des gens sont toutes différentes. Mais nous devons agir rapidement. Les causes de ces violences sont variées et multiples. C’est vrai et nous devons les penser afin d’agir. Mais, aujourd’hui, je désire y aller de quelques cris du cœur.

La société judéo-chrétienne en cause

Soyons directs. La cause première de ces actes actuels est notre société, héritière d’une culture judéo-chrétienne basée sur la religion catholique et les diverses histoires des prophètes. Il ne faut pas revoir dans le détail les histoires. Prenons juste l’exemple d’Adam et Ève. Qui est tenu responsable de l’expulsion du jardin d’Eden ? La femme. Et voilà, le prétexte merveilleux pour instaurer le principe du pêché dans les mains de la femme. Elle demeurera alors la mauvaise, le le mal, la personne faible ; et j’en passe des meilleurs.

Observons les décennies passées depuis cette histoire. La femme fut reléguée au statut d’esclave de l’homme. Une aberration, vous me direz ; bien sûr, mais cela fut le cas. Elle n’eut aucun droit, sauf celui d’enfanter et de régler les affaires du foyer (éducation des enfants, faire les courses, faire le ménage, la cuisine, etc.). Une vie de rêve, n’est-ce pas ?

Nous sommes les héritiers et héritières de cette vision archaïque du genre humain.

Depuis petits, nous entendons dire que les hommes ne peuvent pas pleurer, ne peuvent montrer leurs sentiments, leurs émotions ; non, c’est un aveu de faiblesse. Mais les femmes, elles le peuvent car elles sont faibles par nature. Voilà une des causes premières de ce que nous vivons aujourd’hui et ce, depuis des années.

Pas tous violents !

Cependant, il ne faudrait pas tomber dans le piège de mettre tous les hommes dans le même panier. Quelques-uns sont violents et doivent être condamnés. Mais plusieurs font preuves de respects. Quoi qu’en disent quelques féministes acharnées, les hommes ne sont pas tous mauvais. Non, ils sont la solution au problème en étant aussi le problème.

Nous, les hommes, devons tous agir pour une société plus équitable.

Vous vous croyez invincibles en frappant, en humiliant, en dénigrant, en harcelant, en sifflotant, en riant ou encore en tuant vos femmes, vos conjointes ou vos amies. Mais en faites, vous êtes faibles. La violence, sous toutes ses formes, est un aveu de faiblesse. Elle n’est aucunement un signe de vigueur et de force.

Pour ceux ressentant l’envie de frapper, prenez une bouffée d’air et montrez-vous réellement fort et ce, en allant consulter. En demandant de l’aide auprès de professionnels. N’ayez pas peur des regards des autres. Non, vous en sortirez plus forts encore de votre aveu de faiblesse et de votre travail pour devenir le mari, le conjoint et l’ami adoré. Il est temps d’oublier ces mots et ces préceptes de jadis disant qu’il faut, pour un homme ou un garçon, être fort en démontrant par des gestes de violences ou en refusant ses faiblesses. Ça suffit ces actes de barbaries, ces gestes honteux et ignobles envers vos femmes et vos alliées. Prenez appuis sur elles pour admettre vos lacunes et travaillez ensembles, main dans la main.

Comme le disait justement Vladimir Jankélévitch, « la violence : une force faible » 

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Auteur : Raphaël Fievez
Originaire de Belgique et habitant au Québec depuis 2011. Auteur de plusieurs livres dont ''De la société multiculturelle. Au-delà des discours, une réalité'' (2016) ou encore ''Démocratie. Penser la démocratie de demain''(2017). Travailleur social de formation en Belgique œuvrant depuis plusieurs années et ayant de l'expérience auprès de différentes clientèles au Québec. Raphaël Fiévez a contribué à plusieurs médias via des articles d'opinions, il s'intéresse à l'actualité, la politique et l'éthique. Étudiant au certificat en Philosophie de l'Université Laval à Québec.