Désarmer la police, quelle belle mauvaise idée

Le monde des bonnes idées

Nous sommes maintenant à l’ère des propositions les plus saugrenues et qui semblent tellement sorties de pseudos universitaires en mal de reconnaissance. Une des plus à la mode, disons au goût du jour, serait de désarmer les policiers et en faire des travailleurs social.

Vivre dans un monde idéal

Je peux comprendre l’idée de départ, les policiers se doivent souvent d’être plus empathiques, plus à l’écoute des gens, moins directifs, plus ouverts aux différentes cultures, etc. Ces idées sont en principe adaptées pour une société idéale, dans un monde idéal.

La vraie vie

Dans la vraie vie, les policiers sont confrontés à des gens armés. Ils répondent à des appels de violence, doivent composer avec des gens qui n’ont pas le même jeu de cartes ni les mêmes règles d’éthique. Nous ne demanderions pas à un psy d’intervenir dans une bagarre au couteau. Pour ceux qui croient qu’en Angleterre les Bobbies sont heureux de ne pas avoir d’arme à feu, sachez que ceux-ci ont demandé d’être armés et certains le sont maintenant.

Travailler sans arme

Imaginez que l’on vous envoie vers un vol à main armée, ce qui est assez fréquent dans ce job. Vous n’êtes pas armé, allez-vous y mettre le nez ou attendre un peu, le temps de laisser partir le voleur armé. Il y a des vies en danger, dont la vôtre. Un truc plus simple, trois gars dans une voiture, ils ont l’air suspects, vous les interceptez? Un gars avec un bâton de baseball, vous ouvrez une discussion? Oui, vous avec le poivre, mais 15 à 20% des gens résistent au poivre, le teaser-gun, il faut quand même être assez proche et contre un revolver, vous êtes deuxième. Reste une solution, se retirer et attendre des renforts armés, ceci est fort joli dans un film.

Il reste la non intervention

À partir du moment ou vous désarmez la police, vous n’en avez plus besoin. Alors des agents de sécurité feraient l’affaire, moindre coût, un service minimum et la société gère le risque. Faudra quand même aviser les gangs de rues et les mafieux, ne pas tirer sur des gens non armés. Et, de devenir de bons citoyens. Comme ça on aura pas besoin de policiers armés.

Il y aura toujours des bavures

Il y aura toujours des bavures, pensez qu’au Québec vous avez plus de mille appels par semaine, dont 5% classées DANGER. Alors il faut gérer le risque et peut-être revoir certaines procédures. Mais je sais, que la solution n’est pas de désarmer la police.

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Auteur : Lansquenet
Après trente années dans la police, Claude Aubin est devenu auteur. Il a quatre livres à son actif : La Main gauche du Diable (Intouchables), La Nuit des désillusions et Rônin (Libre Édition Claude Aubin), Le lansquenet solitaire (Texte et Contexte). Il a également participé au dernier bouquin de Jules Falardeau (La crise d’Octobre, 50 ans après, Éditions du Journal Claude Aubin a joué aussi des petits rôles dans certains films, rédigé des chroniques dans le quotidien de l'époque Photo Police, le quotidien DixQuatre et maintenant il publie ses chroniques pour le groupe Facebook DERNIÈRE HEURE. Il a aussi coproduit quelques clips pour TVBL, la télévision des basses Laurentides. De plus, il a travaillé pour la chaîne Ztélé (infiltration).